CE QUI SE TRAME À FLATLAND HOUSE, ÉPISODE 56 : ‘L’IMMEUBLE D’À CÔTÉ’, QUATRIÈME DROITE, PHILIPPE COUSIN
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C’est l’occupant du quatrième droite, transfuge de ‘L’immeuble d’en face’, qui nous dit aujourd’hui quelques mots (voire plus si affinités) de sa contribution à ‘L’immeuble d’à côté’. Philippe Cousin est d’ailleurs à plus d’un titre dans l’actualité flatlandienne, puisque son nouveau recueil de nouvelles, ‘L’infini vu d’avion’, est d’ores et déjà disponible en numérique sur notre site, et en précommande pour la version papier qui sortira le 16 février.
« Il nous aura fallu près de 45 ans pour passer de l’immeuble d’en face à l’immeuble d’à côté, vingt mètres plus loin… Du vingtième au vingt-et-unième siècle, de la chute du Mur de Berlin à la reconstitution de l’empire soviétique. De la démocratie américaine à l’émergence d’un Ubu-roi tout puissant. De la bagnole à essence à la voiture sans conducteur, d’un monde sans ordinateurs domestiques, sans téléphones portables et sans Intelligence Artificielle à une planète dominée par internet et où de terrifiants réseaux sociaux font régner l’imbécilité et la lâcheté.
À l’époque – j’avais un peu plus de trente ans – j’habitais au cœur du Marais, à Paris, un trois-pièces sur rue qui nous permettait, ma compagne et moi, d’accueillir des amis de passage. C’est ainsi que nous avons reçu plusieurs fois Jean-Pierre Andrevon, lequel avait publié mes premiers textes courts, l’année précédente, dans Charlie Mensuel. Dans mon souvenir, c’est lui qui a proposé de reprendre le principe de Georges Perec, pour l’appliquer au 7 rue de Saintonge : on découperait l’immeuble en tranches, on mettrait nos idées en commun et on se partagerait l’écriture à 50/50...
On a retenu dix histoires, chacun écrivant soit sur le scénario de l’autre, soit sur l’un de ses propres scénarii. On y est si bien arrivés, si facilement, que j’aurais le plus grand mal à dire, aujourd’hui, qui a fait quoi. Ça a été un tel bonheur que nous avons pondu deux autres recueils, par la suite, Hôpital Nord et Gare centrale. On en aurait fait d’autres si la Collection « Présence du Futur » ne s’était pas arrêtée. Ça se serait passé dans des bordels, dans le métro, sur l’eau et de l’autre côté de la lune, que sais-je…
Yves Letort a donc repris brillamment le flambeau. De L’immeuble d’en face, il a fait un saut dans L’immeuble à côté, mais pour Jean-Pierre et pour moi, ça a été un émouvant retour dans le passé. Ça ne m’a pas empêché de persécuter Yves avec mes remords d’écriture incessants mais enfin, il était là pour ça.
Il est solide, il a survécu. Ce serait bien qu’il ne s’arrête pas là. »

Philippe Cousin aura bientôt 80 ans. Ses mains tremblent, mais il s’applique. Il neigeait a été ainsi réécrite dix fois, et depuis, Yves Letort a fait un burn-out.
On obtiendra une vue synoptique de ses activités en consultant son site : philippecousin.com.
Dans sa première vie, il a été créatif publicitaire, à Paris. Il roulait en Porsche et il s’était acheté une ruine, dans le Loiret. Il a renoncé à tout ce bazar en 1990, pour se lancer dans l’écriture. C’est Jean-Pierre Andrevon qui lui a mis le pied à l’étrier en publiant ses premiers textes courts, dans Charlie-Mensuel. Ses premières nouvelles littéraires, Brutales, ont été éditées par Julliard, sous la houlette de Jean Vautrin.
Dans sa deuxième vie, tout au long des années 90, il a publié une vingtaine de romans. Une fiction historique, des thrillers, un policier, des érotiques, plusieurs ouvrages de commande, une série polissonne et, pour finir, une quête métaphysique saignante, En avant par-dessus les tombeaux (Ed. Le Rocher)…
Il a par ailleurs longtemps dessiné, pour Le Monde, pour Libé, et il a exposé ses grandes fresques en Avignon.
Ses autres vies ? Des histoires d’amour, un petit garçon devenu un colosse, une petite fille devenue une fée, vingt-huit adresses différentes, plusieurs maisons, des voyages, des rêveries, des folies.
Le feu d’artifice, ce sera la sortie de L’infini vu d’avion, nouveau recueil de nouvelles, le 16 février 2026 chez Flatland éditeur.
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C’est aujourd’hui au légitime occupant du Quatrième Gauche de ‘L’immeuble d’à côté’ que nous avons demandé de préciser en quelques mots ce qui l’a incité à emménager dans un si louche voisinage. L’occasion d’esquisser en quelques lignes et un cliché vertigineux le portrait de ce fondu des sommets.
« Yves Letort, alias ‘le concierge de l'Immeuble d'à côté’, m'a convié à l'anthologie immobilière publiée par Flatland.
Je lui ai envoyé aussi sec (comme on dit en escalade quand on a besoin d'un petit peu d'aide par le premier de cordée) un texte qui se passe en pleine montagne dans un monde dystopique où seul un immeuble délabré d'une ancienne station de ski a survécu. Yves, un peu gêné, m'a fait remarquer avec tact que je n'avais pas regardé le cahier des charges...
Dont acte ! Je me suis remis à mon perfo, euh à mon clavier d'ordinateur et ai imaginé qu'un grimpeur (moi, bien sûr) chutait d'une voie d'escalade et se retrouvait dans une pièce inconnue, sorte de sas d'attente vers un ailleurs mystérieux... En plus, de drôles de bruits et une puanteur prégnante proviennent de l'appartement d'à-côté, occupé par Philippe Cousin. Je ne voudrais pas le dénoncer au syndic de l'immeuble, mais tout de même, Philippe, faudrait faire le ménage de temps en temps ! »
Pierre Laurendeau, né en 1953. Auteur d’une soixantaine d’ouvrages (usuels de langue, romans, recueils de nouvelles…) A exercé les professions de correcteur et d’éditeur. Sous le pseudonyme de Pierre Charmoz, il a publié des ouvrages sur l’alpinisme et la montagne, prenant parfois des libertés avec les positions admises en escalade. Avec Jean-Louis Lejonc, il a coécrit trois aventures de Sherlock Holmes dans les Alpes. Dans Le Vol de la Clé de 17, un récit héroïcomique, il a raconté avec une bonne dose d’autodérision ses mésaventures lors de la création d’une voie d’escalade dans un coin secret des Alpes dauphinoises.
Ses deux derniers ouvrages parus :
– Grimpe, Crimes et Nutella (Ginkgo, 2024) critique avec humour (noir) les compétitions d’escalade ;
– Première Ascension népalaise de la tour Eiffel (Ginkgo, 2025, rééd.) inverse le classique récit d’expédition himalayenne : ce sont les Sherpas qui prennent d’assaut le sommet parisien !
En préparation, un roman gore : Le Refuge cannibale.
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Yves Letort, habitué de la maison et déjà responsable d’une anthologie vampirique chez nous (V., n°7 de La Fabrique d’Horizons, en novembre 2022), a investi la loge du concierge de L’immeuble d’à côté (ainsi que les combles, ce qui n'a rien d'innocent) et a veillé à l’installation des locataires dans chacun des huit appartements du bâtiment. Ses « propos de concierge » vigilant et à cheval sur le respect du règlement rythment l’ouvrage et il a bien voulu, pour ce premier d’une série de billets présentant les auteurs en leur donnant la parole, délaisser sa chère cage d’escalier pour nous en dire quelques mots.
« L’envie m’est venue de rassembler en un volume quelques auteurs afin d’occuper les appartements de L’Immeuble d’à côté. La genèse du projet remonte aux souvenirs de lecture de La Vie mode d’emploi, stimulation qui aboutissait à l’idée de demander à chaque participant de rendre un texte d’un calibre identique à celui des voisins, puis d’interagir avec les logements mitoyens de la façon qu’il leur plairait. Tout à coup, votre serviteur et maître d’œuvre de l’anthologie se rappela avec frayeur que l’idée avait déjà été utilisée par Jean-Pierre Andrevon et Philippe Cousin dans leur recueil de 1982 : L’immeuble d’en face. Le recrutement des auteurs n’avait même pas commencé que l’on avait déniché les deux premiers ! Ils acceptèrent volontiers ce déménagement de l’autre côté de la rue. Il ne restait plus qu’à rassembler et relire, exercice facilité par la maîtrise et le professionnalisme des participants, notre éditeur chéri en première ligne : Flatland. »

C’est l’écrivain André Ruellan qui a déterminé la tardive vocation pour l’écriture d’Yves Letort, et c’est dans sa filiation littéraire qu’il se place, en espérant ne pas trahir cette prétention. La majeure partie de ses écrits se déroule sur les rives du Fleuve, un territoire de fiction qui s’étoffe peu à peu et qu’il envisage comme une lente dérive qui lui permet d’expérimenter des variations d’après des lectures disparates. Deux volumes rassemblant ces explorations ont paru au Visage Vert (Le Fleuve en 2015 et Vue des rives en 2024) ainsi qu'un roman à L'arbre vengeur (Le Fort, 2019). Un autre volume s’apprête à paraître chez Terres du couchant (Voyage d'un renégat, mars 2026) et un autre encore chez Flatland éditeur (Hydrographies, mai 2026). On retrouve régulièrement Yves Letort en tant qu’auteur dans les colonnes du Novelliste, ainsi que sous sa casquette de chef de rubrique (« Comme une image »). Ces expéditions fluviales et littéraires mises à part, Yves Letort est né en Bretagne en 1960. Il a réalisé de 1982 à 2000 une émission de SF sur Radio Libertaire, il a édité une petite collection intitulée L’astronaute mort, et après avoir été libraire durant de longues années, il a désormais la chance de pouvoir se consacrer entièrement à l’écriture. « Le reste, conclut-il, ne regarde que peu le lecteur… »
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Le quatrième tome de notre anthologie thématique annuelle Horizon perpétuel, au sommaire de laquelle trente auteurs et autrices se sont frotté/es au thème des dérèglements, est paru fin décembre 2025, sous une couverture percutante de Jean-Jacques Tachdjian.
Sous-titré désormais « Anthologie plurielle de nos imaginaires », et titré Perturbatio globalis, l’ouvrage a connu cette année un certain nombre d’inflexions résumées par l’anthologiste dans sa préface.
Celle-ci donnant en outre quelques conseils à celles et ceux qui souhaiteraient répondre à nos appels à texte, il nous a paru utile de la reproduire sur ce blog. Rappelons que le thème du prochain horizon perpétuel à d’ores et déjà été annoncé ici-même.
C’est par son thème, déjà, que ce quatrième tome d’Horizon perpétuel se plaçait dès l’origine sous les auspices du changement. La consigne donnée à celles et ceux qui souhaitaient participer à l’appel à textes pour – peut-être – inscrire leur nom au sommaire de notre anthologie thématique annuelle avait le mérite de la simplicité et se résumait à un mot : Dérèglements.
Ce laconisme frisant la provocation n’a pas été pour décourager les bonnes volontés, tout au contraire, pas plus que la volontaire discrétion de l’appel à textes qui s’est résumé, dans un premier temps, à une simple ligne sur la page « Manuscrits » du nouveau site de Flatland éditeur. C’était sans compter sur l’efficacité des sites spécialisés qui s’en sont ensuite fait l’écho, et méconnaître la vitalité du vivier d’auteurs et autrices francophones de l’Imaginaire. Pourquoi une telle volonté délibérée de discrétion ?
Pour répondre à cette question, l’anthologiste doit accepter de se désaper quelque peu en révélant les méandres de sa réflexion. Au départ était une volonté de changer la donne, par souci de ne pas s’encroûter, par désir d’expérimenter, et peut-être aussi – jouons jusqu’au bout la carte de l’honnêteté –, pour faire l’économie d’un appel à textes ouvert qui représente immanquablement une énorme somme de travail éditorial et administratif. Après trois A.T. de ce genre massivement suivis, l’idée pour accoucher de ce quatrième opus était de produire un A.T. fermé, réservé aux happy few (les habitués de Flatland éditeur et les plumes repérées lors des éditions précédentes), quitte à réduire le nombre de participants et à leur offrir davantage d’espace pour s’ébrouer.
Ainsi fut donc fait dans un premier temps, mais la place, discrète mais réelle, prise en trois années d’existence par Horizon perpétuel dans le paysage des littératures de l’Imaginaire en décida autrement. Une première voix s’est étonnée de ne pas avoir vu passer d’appel à textes pour le quatrième tome, une autre a réclamé de connaître le thème retenu pour celui-ci, une troisième s’inquiétait de savoir s’il n’était pas trop tard pour participer.
L’anthologiste dut alors se rendre à l’évidence que sa créature lui avait échappé, qu’elle n’était plus sa chose dont il pouvait déterminer le devenir à sa guise, qu’elle avait été adoptée (et ce faisant adoubée) par un certain nombre d’auteurs et d’autrices, aguerris ou en devenir, qui en attendaient le retour inscrit au calendrier comme celui des saisons et des grands rendez-vous annuels. Comment ne pas accepter qu’il en soit ainsi, sous peine de dénaturer un projet voué dès l’origine à remplir un rôle communautaire et inclusif ? Il fallut bien se résoudre à en revenir à l’orthodoxie de l’A.T. ouvert, ce qui fut fait de manière sibylline en indiquant sur la page idoine de notre site le thème dont les contours s’étaient dessinés lors des premiers échanges avec les auteurs pressentis, ainsi qu’une deadline.
Je n’eus pas à le regretter, car même si l’afflux de textes s’avéra en définitive aussi important que je l’avais redouté, leur diversité de thèmes, leur variété de style et leur qualité globale firent que je pus sans difficulté élaborer sur le thème des dérèglements un sommaire satisfaisant – et sans doute plus riche que si je m’en étais tenu à mon idée initiale. Que ce quatrième tome d’Horizon perpétuel puisse plaire, plus largement, à celles et ceux qui le liront et trouver ainsi son public, ce sera à vous de le vérifier, mais j’avoue sur ce point demeurer raisonnablement optimiste.
Il y eut cette année 90 volontaires pour tenter de scruter l’horizon perpétuel de la fiction, pour 30 places au sommaire, dont 8 réservées à des auteurs et autrices invité/es. Toutes les propositions ont été soigneusement lues et soupesées pour être classées en trois catégories : « Oui », « Non », « Hors sujet ». Cette première sélection effectuée, il m’a fallu écarter 10 nouvelles qui auraient pu figurer entre ces pages, soit parce qu’elles étaient redondantes avec d’autres textes sélectionnés, soient parce qu’elles manquaient tout de même un peu de maîtrise dans la narration, soit simplement par manque de place. Il m’a fallu en recaler 8 autres, soit parce qu’elles étaient hors sujet, soit parce que le thème n’était que superficiellement traité, soit parce qu’elles dépassaient par leur longueur le cadre d’une nouvelle.
Une fois obtenu l’accord des 30 impétrants sous forme d’un contrat de publication signé, j’ai dû informer tous les autres qu’ils n’étaient pas retenus, ce qui en ce qui me concerne doit être la tâche la plus pénible parmi toutes celles conduisant de l’idée initiale à la mise en vente d’une anthologie. Pourtant, n’est-ce pas la loi du genre, acceptée par celles et ceux qui participent à ce type de concours ? Certes. Mais l’anthologiste qui est ou a été lui-même auteur sait ce que c’est de recevoir une lettre de refus et ne peut rester de marbre en refusant un texte – et a fortiori 68 – que s’il a une pierre à la place du cœur.
Est-ce pour cette raison que j’ai offert à celles et ceux qui le souhaitaient de recevoir un court commentaire sur les raisons pour lesquelles leur nouvelle n’avait pas été retenue, ainsi qu’en « lot de consolation » un exemplaire numérique du précédent tome d’Horizon perpétuel ? Peut-être. Mais c’est surtout à mes yeux la moindre des choses, même si cela doit conduire à une charge de travail supplémentaire, quand on lance ce type d’appel à textes dans lequel beaucoup investissent tant de temps, d’énergie et d’espoir. Car ce qu’espèrent les participant/es à ces A.T. – comme l’indiquent nombre de mails d’accompagnement –, ce n’est pas tant une notification d’acceptation ou de refus qu’un retour, un avis, un conseil sur leur prose.
Et s’il est un conseil qu’un professionnel blanchi sous le harnais puisse donner à un/e débutant/e, c’est de ne pas solliciter un avis, un retour sur son texte, si l’on n’est pas prêt à entendre que celui-ci manque d’originalité, que la narration pourrait être plus maîtrisée, ou que le style est défaillant. Il vaut mieux, également, ne pas concourir si l’on n’est pas prêt à accepter qu’au final, c’est l’avis de l’anthologiste qui prime, aussi subjectif et sujet à caution puisse-t-il paraître. Et pour mettre toutes les chances de son côté, si l’on se décide quand même à se lancer, la seule vraie question à se poser est celle-ci : comment faire la différence avec tous les autres ?
Sur un thème donné, si vous n’êtes pas certain de pouvoir vous imposer par l’originalité de votre regard ou de votre style, vous devez l’être par l’originalité de votre idée, de votre traitement et de votre voix. Un anthologiste – celui qui signe ces lignes, en tout cas –, ne cherche pas seulement de bonnes histoires bien écrites. Il souhaite être épaté, surpris, ému, choqué ; il aimerait ne pas lire ce qu’il a déjà lu mille fois ; il veut bâtir un sommaire original et varié, comportant autant de couleurs, de nuances que possible. Et ce qui importe par-dessus tout pour avoir une chance d’accéder au dernier carré : il faut que votre texte fasse entendre votre voix. Encore faut-il l’avoir trouvée, me direz-vous. J’admets que cela n’a rien d’une formalité, et c’est là que la notion d’apprentissage prend tout son sens, l’écriture n’ayant rien, quoiqu’en disent les clichés, d’une vocation innée.
Finalement, le renouvellement espéré pour ce quatrième tome interviendra tout de même, mais par un autre biais que le changement de méthode de sélection. Au vu de la diversité et de la richesse des premiers textes choisis, une évidence s’est rapidement imposée à moi : Horizon perpétuel ne pouvait demeurer l’anthologie de SF stricto sensu qu’elle ambitionnait d’être depuis l’origine. Elle ne se limitera désormais pas davantage à ce qu’il est convenu d’appeler « l’Imaginaire ». L’ouverture est bien plus large – quoi de plus normal puisqu’il est ici question d’horizon ? –, et pour en rendre compte, c’est le pluriel qui fera d’HP l’antho thématique annuelle de nos imaginaires qu’il a fallu adopter. C’était là une pente naturelle sur laquelle notre antho était engagée depuis un moment déjà, il était logique d’en tirer les conclusions et de larguer les amarres.
De même, il était plus que temps de renoncer à rappeler en sous-titre de ces volumes l’année de leur appel à textes, créant ainsi, du fait du manque de moyens et de temps chronique d’une petite structure associative de microédition telle que la nôtre, un gap peu compréhensible de deux années entre le millésime et l’année de sortie effective. Voilà pourquoi, comme vous avez pu le découvrir en couverture, Horizon perpétuel sera désormais une « anthologie plurielle de nos imaginaires », dont vous tenez entre les mains le tome 4.
L’ambition, elle, reste la même : scruter l’horizon sans fin de la fiction pour y percevoir les signes avant-coureurs de nos lendemains. Des lendemains qui, à défaut de toujours se révéler plus désirables, (le réel à la peau dure), pourraient être enfin des lendemains qui changent.
Leo Dhayer
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ALTÉRITÉS RADICALES : tel sera le thème du prochain tome d’Horizon perpétuel, l’anthologie thématique annuelle de Flatland éditeur.
« Anthologie plurielle de nos imaginaires », Horizon perpétuel embrasse tous les genres connus (voire inconnus) et accueille toutes les plumes, quelles que puissent être leur expérience et leur notoriété. La règle est simple : nouvelles entre 10 et 80 KS, inutile d’anonymiser le manuscrit, fichier texte ou PDF.
L’inspiration vous titille ? Vous avez jusqu’au 30/06/2026 à minuit pour envoyer votre texte à l’adresse manuscrits@flatland-editeur.fr
À vos plumes !
(Illustration : Wassily Kandisky, Bunter Mitkland, 1928)
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Il faut se rendre à l’évidence : en l’état actuel des choses, nous avons de quoi remplir notre programme de publication au moins jusque fin 2027. Qui plus est, le nombre de manuscrits reçus en 2025 est tel qu’il nous faudra bien une année entière pour en venir à bout et répondre à tous et à chacune. Dans ces conditions, une conclusion s’impose : laisser ouvert l’appel à textes permanent en 2026 ne servirait à rien d’autre qu’entretenir de vains espoirs et à nous charger d’un travail supplémentaire inutile.
C’est donc avec regret qu’il nous faut suspendre notre AT permanent jusqu’au 01/01/2027. Les manuscrits reçus après le 09/01/2026 ne seront pas examinés et aucune réponse ne sera donnée. Ne sont pas concernés l’appel à texte ponctuel pour Le Novelliste #11 : La Ville (appel à texte ouvert, clôture le 31/06/2026 à minuit) et pour Horizon perpétuel tome 5 : (Ouverture de l'appel à textes le 12/01/26, clôture le 31/06/26 à minuit).
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Cette année, 90 participant/es concouraient pour 30 places au sommaire, parmi lesquelles 8 étaient réservées à des auteurs et autrices invité/es.
10 nouvelles qui auraient pu éventuellement prétendre à la sélection finale ont été écartées, soit parce qu’elles étaient redondantes avec d’autres textes sélectionnés, soit parce qu’elles manquaient de maîtrise dans la narration, soit tout simplement par manque de place.
8 nouvelles ont été écartées, soit parce qu’elles étaient hors sujet, soit parce que le thème n’était qu’imparfaitement traité, soit parce qu’elles dépassaient par leur longueur le cadre d’une nouvelle.
Tous les partipant/es ont à présent reçu par mail une réponse leur indiquant si leur texte a été sélectionné ou non. Celles et ceux qui le souhaitaient ont reçu un court commentaire sur les raisons pour lesquelles leur nouvelle a été écartée. Enfin, les participant/es qui ne figureront pas au sommaire ont reçu pour les remercier de leur participation un SP numérique de HP22, Filii futuri, tome précédent de notre antho thématique annuelle.
La liste complète par ordre alphabétique des auteurs et autrices au sommaire de ce nouveau numéro figure ci-dessous. Sortie espérée de l’ouvrage (au terme d’une longue phase de préparation éditoriale avec les auteurs et autrices, de mise en page, de relecture et d’impression) : avant fin 2025 si possible. Y aura-t-il un cinquième tome d'Horizon perpétuel ? Cela semble acquis. Rendez-vous début janvier pour le lancement de l'appel à textes.
Phil Aubert de Molay / À la hauteur
Léonard Bertos / Mission Canaan
Bruno Blanzat / Le vent ne suffit pas
Marie-Liesse Boutry Garcia / Madame Leghorn
Cassiopée Brûlart / Victor
Sébastien Castelbou / Awa
Julie Conseil / L’homme modulable
Daylon / La prod est tombée
Emmanuel Delporte / Tempus Fugit
Marie Derley / Invisible
Élodie Doussy / Mouvement(s)
Michel Etareff / Toutes ces fusées dans le ciel
Lionel Favennec / Le protocole d’Éclipse
Frédéric Holic / Fœtus suicides
Jonas Lenn / Yi Jing
Meddy Ligner / Le syndrome du Mohican
Thomas Lop Vip / À toi qui peut-être un jour me liras
Didier Pemerle / Mouvement intégral
Jeanne Read / Sous les regards peints
Lola Rosenfeld / Des huîtres et des ures
Antonin Sabot / Steppe
Fabrice Schurmans / La première nuit de Rosa Fabiani
Jérémy Semet / Tako-Tsubo
Denis Soubieux / Espèces non protégées
Bérénice Spera / Assoiffée
Nicolas de Torsiac / Quand nous serons rendus au temps des floraisons
Francis Valéry / Jour de marché
Mello Von Mobius / ÉquiLibre
Bernard Weiss / Dernier anniversaire
Ludovic Wiart / Thérapie de choc
Illustration : Détail d’un projet d'illustratron de couverture de Jean-Jacques Tachdjian pour HP23.
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Alephramize, recueil de trois novellas de Léo Kennel et onzième volume de notre collection La Tangente est désormais disponible après un léger retard à l'allumage dû à un retard d'impression. Il est donc possible dès maintenant de se le procurer, au format papier comme au format numérique, sur ce site, sur commande dans toutes les librairies, ainsi que sur les principales plateformes numériques en ligne.
L’autre côté de l’indifférence, Sidérante huit cent treize et L’Informelle, les trois novellas réunies ici, permettent à Léo Kennel, après Wohlzarénine et Osgharybian, de poursuivre l’exploration d’un univers de fiction marqué par l’exigence formelle et narrative. Élisabeth Vonarburg signe la préface de cet ouvrage, ce dont nous la remercions.
« Alors voilà, résume-t-elle, c’est ce que j’ai aimé dans ces trois textes, pourquoi j’ai eu du plaisir à les lire (mon critère de lecture essentiel, le plaisir). Leur juxtaposition – chorale, pour laisser entrer dans l’affaire un autre sens –, avec leur manière de se répondre, échos, reflets, leitmotivs. La Ville-écriture, infiniment muable, en miroir (Borges/Ségrob), un labyrinthe dont on ne s’échappe pas. Celui du dessus et celui du dessous (…) Entre les deux, les passages de tous les dangers, livres et bibliothèques, mémoires secrets, carnets, à travers l’espace négatif (blanc, comme dans la poésie) de leur séparation en chapitres, ou séquences, ou panneaux, ou en textes prétendant être différentes histoires. Oui, leur faire-semblant – d’être du fantastique et de la science-fiction : les yeux qu’on balaie dans la rue avec lassitude, les jeux sur l’identité, je-tu-il-elle-nous-vous, qui est qui écrit ? – et la civilisation en débandade, les enfants-torses de Mahara la planète abandonnée, la bureaucratie kafkaesque (hello, Frantz, bro), la surveillance… La/le même et l’autre (la voix autoriale sous formes d’anagrammes divers), des mythes cala-mités – Orphée et Eurydice, bien sûr. Oui, fantastique et SF, et tout le reste (la poésie : les glissements de sons, de sens, les jeux sur/avec les mots). Y en a aussi. En autant qu’on désire voir ainsi cet ensemble de textes, de le lire, se le dire, ainsi, comme dans les rêves où une chose peut être elle-même et une autre à la fois dans cette marge de la conscience in- ou sub-, qu’importe pourvu qu’on ait l’ivresse, celle que peut seule atteindre, pour moi, l’écriture et ses milliards d’images entremêlées. »
L’ouvrage fait 224 pages, au format 100 x 200 mm et coûte 18 €. La couverture est illustrée par un autoportrait de la peintresse finlandaise Ellen Thesleff (1869-1954).
Comme de coutume, mesdames et messieurs les adhérents de l’association Flatland – Maison de la fiction sont priés de passer commande par mail (contact@flatland-editeur.fr) afin de bénéficier des avantages qui leur sont réservés. Vous souhaitez adhérer et nous manifester ainsi votre soutien tout en faisant de bonnes affaires ? C’est par ici.