BRADERIE D’ÉTÉ 2026 : DES LOTS DE TROIS OUVRAGES À PRIX RÉDUIT CHAQUE SEMAINE
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Notre (désormais) traditionnelle Braderie d’été revient sous une forme différente des années précédentes. Cette année, nous avons préféré mettre en vente tout au long de l’été des lots de trois ouvrages à prix réduits. Le but ? Vous vous en doutez, en ces temps difficiles pour le monde de l’édition et de la librairie, il s’agit d’alimenter (un peu) notre trésorerie en prévision des nouveautés de la rentrée de septembre. Vous y gagnez quoi ? L’occasion de découvrir (ou continuer de découvrir) des livres de notre catalogue que vous auriez hésité à acquérir. Et la satisfaction de savoir que vous nous aidez à tenir debout et à mettre en œuvre de nouveaux projets. Alors pour cela et pour votre fidélité, merci à vous.
L’opération se déroulera en deux fois trois phases hebdomadaires réparties sur les mois de juillet et d’août. Chacune de ces phases concernera un auteur, une autrice, une collection de Flatland éditeur. Chaque semaine, le lot promotionnel sera mis en vente sur notre site uniquement du premier jour indiqué à 0 h au dernier jour indiqué à 24 h. Autre avantage promotionnel, les lots seront proposés avec des frais de port minimum. Nous vous remercions de choisir l’acheminement par Mondial Relay, bien plus pratique pour nous et moins coûteux pour nos finances. (Offres valables dans la limite des stocks disponibles, susceptibles d'êtres interrompues avant terme.) L'opération promotionnelle ne concerne pas les ouvrages numériques.
Du 22/07/26 au 16/08, l’activité de Flatland éditeur sera mise au ralenti pour que le factotum puisse tenter de prendre loin de ses pénates un peu de repos. Durant cette période, il vous sera toujours possible de passer commande sur notre site, mais les livraisons ne pourront intervenir qu’après le 16/08. Merci d’en tenir compte.
Un dernier mot pour préciser que ces opérations promotionnelles sont menées avec le plein accord des auteurs concernés, merci à elle et à eux. Merci, également, à Gilles Murat pour les visuels.
DU 06 au 12 JUILLET 2026 : LOT 1, TROIS LIVRES DE JEAN-PIERRE ANDREVON
Sortilèges Nocturnes, Ce qu’il advint du Reich de mille ans, Avant le dernier jour : 36 €
DU 13 au 19 JUILLET 2026 : LOT 2, TROIS LIVRES DE BRUNO POCHESCI
L’espace, le temps et au-delà, Des lendemains qui shuntent, Ce qu’il advint du Reich de mille ans : 39 €
DU 20 au 26 JUILLET 2026 : LOT 3, TROIS LIVRES DE NICOLAS LIAU
Quand je serai grand, je serai mort, L’Ange de la Mélancolie, Esquilles et lambeaux : 32 €
DU 11 au 17 AOÛT 2026 : LOT 4, TROIS LIVRES DE LÉO KENNEL
Wohlzarénine, Osgharibyan, Alephramize : 43 €
DU 18 au 24 AOÛT 2026 : LOT 5, TROIS NUMÉROS DU NOVELLISTE
Numéro 6, Effroi de finir ; numéro 7, Après la fin ; numéro 8, Idées, idéaux, idéologies : 28 €
DU 25 au 31 AOÛT 2026 : LOT 6, TROIS TOMES D’HORIZON PERPÉTUEL
Humanum in silico (2020), Animal ad hominem (2021), Filii futuri (2022) : 50 €
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C’est naturellement une grande joie et une fierté légitime, pour une petite structure de microédition associative telle que Flatland, de recevoir un tel prix. Qui plus est, pour un ouvrage qui nous tient à coeur, le premier d’une nouvelle collection baptisée Expresso, qui doit permettre d’offrir au public d’aujourd’hui, en de petits volumes soignés et peu onéreux, le meilleur des meilleurs nouvellistes du siècle passé. George W. Barlow, discret mais talentueux nouvelliste, romancier, essayiste et traducteur, méritait bien d’essuyer les plâtres. Travailler avec lui et Jean-Pierre Andrevon, maître d’oeuvre de ce recueil, m’a permis de me replonger dans les conditions mêmes qui étaient les nôtres au vingtième siècle. L’auteur n’étant disponible ni par mail ni par téléphone portable, il a fallu se contenter pour communiquer du bon vieux courrier postal et du téléphone fixe, scanner (avec une nostalgie certaine de l’auteur de ces lignes, je ne m’en cache pas) des tapuscrits originaux des années soixante tapés à la machine et corrigés à la main, voire même les ressaisir manuellement quand l’OCR se révélait impraticable. En somme, emprunter la plus efficace des machines à remonter le temps. Au terme de cette aventure éditoriale, l’onction de ce GPI est un point d’orgue apprécié autant par l’auteur que par l’anthologiste et l’éditeur, ce dont je remercie le jury. George W. Barlow, empêché de se rendre à la Comédie du Livre à Montpellier pour y recevoir son prix, a quant à lui adressé ses remerciements par écrit (que l’on pourra lire ci-dessous). Jean-Daniel Brèque a bien voulu pour l’occasion représenter Flatland éditeur et les lire pour lui. Qu’il en soit lui aussi grandement remercié.
PS : La note de la page 21, reconnaissante, remercie quant à elle Gilles Goullet et Patrick Fournier pour leur aide précieuse. ;-)
Un mot d’explication : l’une des notes de la nouvelle L’Effeuilleuse affolée avait disparu de l’édition originale, l’anthologie de Monique Battestini et Bernard Blanc Les Lolos de Vénus, parue chez Kesselring en 1978 (et nantie d’une somptueuse illustration de couverture de Caza). L’auteur n’étant plus en possession du manuscrit, il m’a fallu pour en retrouver le texte lancer un appel sur les réseaux sociaux. Gilles Goullet m’a mis en contact avec Patrick Fournier, qui a bien voulu plonger dans ses collections pour en extraire le numéro du fanzine Lunatique où le texte avait initialement été publié (le numéro 42, en décembre 1968, sous le pseudonyme de Bela Gregorov). On ne dira jamais assez que les collectionneurs constituent un rouage essentiel de l’édition de textes patrimoniaux d’Imaginaire.
Lionel Évrard
« Merci !
C’est le plus beau de mes cadeaux pour mes 90 ans !
Merci à tous d’avoir apprécié ces nouvelles qui datent d’un demi-siècle, alors que tant d’excellents auteurs écrivent maintenant tant d’excellente science-fiction.
Merci aux jurés du Grand Prix de l’Imaginaire.
Merci à Lionel Évrard pour la gageure de publier ce recueil.
Merci à Pierre Gévart de m’avoir accueilli plusieurs fois dans Galaxies (avec un s), comme Michel Demuth, jadis, dans Galaxie (sans s).
Et merci à trois Jean-Pierre : Fontana, qui a repris dans sa regrettée revue Gandahar quelques-uns de mes vieux écrits ; Andrevon, qui m’a encouragé à les sortir des tiroirs où ils s’ennuyaient, et m’a beaucoup aidé à en secouer la poussière ; Moumon (alias Jean-Pierre Laigle), qui avait un peu prolongé mon activité SF en publiant dans Antarès mes dernières critiques et traductions.
Merci aussi à Jacqueline Osterrath, dont Lunatique fit éclore des talents bien supérieurs au mien, Andrevon, entre autres.
Merci à Alain Dorémieux, qui ouvrit Fiction à mes articles, critiques et nouvelles.
Merci à Jacques Sadoul, qui fit place à deux de ces dernières dans Univers.
Lionel Évrard m’a permis de reprendre pied dans le monde de la science-fiction que j’avais quitté, ou qui m’avait quitté, depuis un bon quart de siècle. Ce n’est pas seulement de l’Éducation nationale que j’avais pris ma retraite : passant une bonne partie de l’année en Corrèze profonde, dans la maison familiale de mon épouse, je me suis consacré pleinement à elle et à mes petits-enfants. À ma maîtresse, aussi, dont Nicole était aussi jalouse que de la science-fiction – je veux parler de ma bicyclette, pour l’amour de laquelle je faisais parfois cent, voire cent cinquante kilomètres. Et – ô vieillesse ennemie –, je peine maintenant à faire cent ou cent cinquante mètres, alors que j’ai deux roues de plus… avec mon déambulateur !
C’est pourquoi je n’ai pas le plaisir et l’honneur d’être parmi vous aujourd’hui, comme jadis aux Conventions nationales.
Encore merci, et bravo à la jeune science-fiction française, qui n’oublie pas les anciens. »
George W. Barlow
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Cette année un peu plus tôt que les années précédentes, le Prix Rosny aîné est de retour. Décerné depuis 1980, ce prix est sans doute l’un des plus représentatifs dans nos domaines de prédilection, puisqu’il permet au premier tour à tous et à chacun sans distinction de voter pour ses romans et ses nouvelles favorites. Rappelons qu’il doit s’agir uniquement de textes de science-fiction publiés au cours de l’année précédant le vote (ici, du 1er janvier au 31 décembre 2025). Une liste est établie par le secrétariat du prix pour ce faire, dans la catégorie des nouvelles (c’est par ici) comme pour celle des romans (c’est par là). Il est possible de voter très simplement en ligne ou de le faire également par mail ou courrier papier en contactant le secrétaire du prix, Bruno Para (bruno@noosfere.com). Le premier tour s’achèvera le 31 mai 2026 (attention : période raccourcie), quant au deuxième, il est réservé aux inscrits à la 53e convention nationale de science-fiction (du 9 au 12 juillet 2026 à Esneux, Belgique), au cours de laquelle le trophée (créé, rappelons-le, par Caza) sera remis aux vainqueurs.
Si vous avez aimé un ou deux (voire plus si affinités) des textes publiés en 2025 par Flatland, nous ne saurions évidemment trop vous conseiller de voter pour eux. Notre maison de microédition associative est très largement représentée dans la catégorie des nouvelles, ce qui n’a rien d’un hasard, puisque le soutien à la forme courte est sa raison d’être autant que sa terre de prédilection. En 2025, Flatland éditeur a publié six ouvrages relevant de cette forme littéraire, deux dans notre collection la Fabrique d’horizons (L'Échelle de Reuters, recueil de nouvelles de Claude Ecken, HP4, Perturbatio globalis, anthologie thématique annuelle réunie par Leo Dhayer), un dans notre collection La Tangente (Alephramize de Léo Kennel), un numéro de notre revue Le Novelliste consacré à la forme courte (Le Novelliste 08, Idées, idéaux, idéologies), le premier numéro de notre nouvelle collection Expresso (Demain commence hier, de George W. Barlow), et le premier numéro de notre collection Le Cabinet de Curiosités (Des lendemains homériques, de George W. Barlow), pour un total de 88 nouvelles publiées. Parmi celles-ci, 48 titres défendus par notre maison sont soumis à vos suffrages cette année :
AUBERT de MOLAY Phil : À la hauteur
AUBERT de MOLAY Phil : Le Vote
BARLOW George W. : Demain commence hier
BARLOW George W. : Des lendemains homériques
BERTOS Léonard : Mission Canaan
BLAND Elga : La Joie au ventre
BLANZAT Bruno : Le Vent ne suffit pas
BOUTRY GARCIA Marie-Liesse : Madame Leghorn
BRIÈRE LE MOAN Emmanuel : L'Île des anamorphoses
BRÛLART Cassiopée : Victor
CASTELBOU Sébastien : Awa
CONSEIL Julie : L'Homme modulable
DAYLON : La Prod est tombée
DELPORTE Emmanuel : Tempus Fugit
DERLEY Marie : Invisible
DESMARES Benjamin : Belle impression
DESROZIERS Marianne : La Petite musique de Goya
DOMENACH Grégoire : Frères à demi
DOUSSY Elodie : Mouvement(s)
ECKEN Claude : L'Échelle de Reuters
ETAREFF Michel : Toutes ces fusées dans le ciel
FAVENNEC Lionel : Le Protocole d’Éclipse
GAUTHIER Christophe : Émulsion
GRANDIN Jonathan : L'Adulte qui rêvait d'être enfant
HOLIC Frédéric : Fœtus suicides
KENNEL Léo : Alephramize
KENNEL Léo : L'Enfermement
LENN Jonas : Yi Jing
LIGNER Meddy : Le Syndrome du Mohican
LOP VIP Thomas : À toi qui, un jour peut-être, me liras
MALOSSE Pascal : Le Mur des ombres
MALTÈRE Céline : La Pompe à Rêves II
PAPILLON (2) : Les Deux frangins
PEMERLE Didier : Tous à la campagne
READ Jeanne : Sous les regards peints
REY Timothée : Combat super-héroïque de la belle haleine et du marchand du sel, mème
ROSENFELD Lola : Des huîtres et des ures
SABOT Antonin : Steppe
SCHURMANS Fabrice : La Première nuit de Rosa Fabiani
SEMET Jérémy : Tako-Tsubo
SOUBIEUX Denis : Espèces non protégées
SPERA Bérénice : Assoiffée
TERRAQUÉ Thomas : Onur, chessboxer
TORSIAC Nicolas de : Quand nous serons rendus au temps des floraisons
VALÉRY Francis : Jour de marché
VON MOBIUS Mello : ÉquiLibrE
WEISS Bernard : Dernier anniversaire
WIART Ludovic : Thérapie de choc
Nouveauté pour nous cette année, Flatland éditeur est également représenté dans la catégorie roman, avec Pauvre cosmos de David Sillanoli dans notre collection La Tangente.
Pour terminer, remerciements particuliers aux bénévoles qui font vivre le prix et lui permettent d’exister chaque année, et notamment au secrétaire du prix, Bruno Para.
(Illustration : J.-H. Rosny aîné. Détail non crédité de la une de L'Illustration du samedi 1er août 1896 dépeignant les huit membres de l'académie des Goncourt, doc. Wikimedia)
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C’est sous forme d’une vidéo que l’occupant du troisième droite a souhaité vous parler de sa contribution à ‘L’immeuble d’à côté’. Jules Pétrichor y évoque le destin de son héros, M. Edmond, reclus perpétuel dont les horizons s’ouvrent pourtant sur les confins galactiques…
Jules Pétrichor est, paraît-il, un bon voisin. Le jour, il n’est pas là, son travail l’accapare dans une banlieue plus lointaine. Depuis 25 ans, il s’occupe de jeunes étiquetés « délinquants multirécidivistes ». Jules n’aime pas les étiquettes. À ces gamins, il essaie de transmettre l’espérance d’un autre avenir. La nuit, il n’est pas embêtant non plus, il écrit. Ce n’est pas trop bruyant, même si sur le clavier il a parfois tendance à taper un peu fort. Entre les deux, voilà le seul moment de nuisance : sur le trottoir, quand il nous croise, ses textes, il nous en parle. Tout un tas d’histoires qui traversent le monde, les époques et l’humanité. Y’a pire.
La légende raconte que plus jeune, il était rugbyman, qu’il a joué à Brive, à Bourgoin, à Lyon, qu’il n’était pas mauvais, qu’il a failli être pro. Mais pour nous, quand on le regarde, là, maintenant, avec ses 47 ans, ses cheveux gris et sa bedaine qui pointe, ce passé est de la science-fiction.
On se permet de causer de lui ici, parce que lui ne se prive pas de nous piquer nos caractères et nos anecdotes pour nourrir ses bouquins.
Bref, si vous voulez un peu mieux nous connaître, lui et nous, vous suffit de le lire. Minuit sur le monde aux éditions du Panseur ou Rixe aux éditions du Bunker, pour commencer.
Cordialement, le syndic
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Le mot de la fin de cette présentation des occupants de 'L'immeuble d'à côté' (de drôles de zozos), c'est au concepteur de la façade qu'il revient. Et comme l'homme est plus à l'aise un crayon à la main que devant un clavier, c'est sous forme d'un dessin qu'il a souhaité s'exprimer. Merci à Fabrice Le Minier d'avoir su résumer en une image cet immeuble de rapport hors du commun et les drôles de choses qui s'y passent.
Fabrice Le Minier, né en 1969. Autodidacte passionné par le dessin, il partage sa passion entre le dessin animé et l’illustration de divers textes d’Yves Letort, notamment le recueil Fins de siècle chez Flatland éditeur (2024).
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Après Philippe Cousin, c'est au second transfuge de 'L'immeuble d'en face', Jean-Pierre Andrevon himself, de nous expliquer ce qui l'a incité à traverser la rue pour emménager dans 'L'immeuble d'à côté'. Spoiler : ce n'est pas pour trouver du travail, il en a déjà suffisamment, ce dont nul ne se plaindra, et surtout pas nous qui publierons en mars prochain son roman 'Avant le dernier jour', tiré de sa nouvelle 'Déjà presque la fin', dont il a également fait un film. Nous aurons évidemment l'occasion d'en reparler.
« Des voisins
Il existe parait-il, dans les 365 jours que comporte une année, un Jour des voisins – comme il y a un jour de la Femme ou un jour de la Vache. Normal, sans doute : des voisins, on en a tou.te.s (à moindre de vivre sur une île déserte), de même que, pour la même raison. on est le voisin de quelqu’un.e. Est-ce important ? Sans aucun doute en certaines circonstances, par exemple si on chute de son escabeau et qu’on se fracture le col du fémur ou tout autre partie fragile de notre anatomie. On appelle, et le voisin (ou la voisine) arrive pour nous porter secours. En principe. Parce qu’il arrive aussi qu’on a beau appeler, le voisin ou la voisine ne juge pas utile de se déplacer. C’est alors un mauvais voisin, ou une mauvaise voisine. Et à bien réfléchir, expérience à l’appui, il existe nettement plus de mauvais voisins (tous genres confondus) que de bons voisins. Par exemple ceux qui vous engueulent parce qu’on fait trop de bruit le samedi soir ou, inversement, ceux qui vous assomment avec le barouf qu’ils font (le samedi soir), ceux qui viennent vous emprunter ci ou ça et pas moyen qu’ils vous le rendent, ceux qu’on croyait sympas et se mettent à vous dire que vraiment, y’a trop de Noirs vous croyez pas et tout compte fait, Bardella… Bref les voisins, des fois, ce serait aussi bien qu’on n’en ait pas. C’est pas votre avis ? »
Jean-Pierre Andrevon, né pas loin de Grenoble où il habite toujours avec ses chats, a publié ses premiers textes vers 63/64 dans le fanzine Lunatique. Après des études aux Beaux-arts et quelques années de professorat, sa première nouvelle pro paraît dans le numéro daté mai 68 de Fiction, ce qui ne s'invente pas. Son premier roman, Les hommes-machines contre Gandahar, paraît en novembre 1969 chez Denoël, en Présence du futur, pour être ensuite adapté sous forme de dessin animé de long-métrage par René Laloux et Philip Caza en 1988. Au Fleuve Noir, il publie une dizaine de romans sous le pseudonyme d’Alphonse Brutsche. Le travail du furet (1983) a été adapté à la télévision par Bruno Gantillon en 1994. Au total sa bibliographie compte à ce jour 185 ouvrages dans les genres les plus divers : science-fiction, fantastique, polars, Jeunesse, poésie, sans oublier le dessin ni ses études sur le cinéma, ainsi de son Encyclopédie 100 ans et plus de cinéma fantastique et de science-fiction (2013). Depuis le début des années 70, l’auteur alterne l'écriture, le journalisme (participant à la création du premier mensuel écolo, La Gueule ouverte, et de la principale revue de cinéma fantastique, L’Écran Fantastique, où il écrit toujours), la peinture et l’illustration, la chanson. En janvier 2006, il publie ce qu’il considère comme son œuvre maîtresse : Le Monde enfin, commencée trente ans plus tôt. En 2024, est publié l’intégrale Gandahar comptant un roman inédit et l’encyclopédie Un siècle de S.F. écrite et dessinée vue de France des années 1920 à nos jours. Son roman Avant le dernier jour sortira chez Flatland éditeur en mars 2026.
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C’est Didier Pemerle qui a emménagé, le temps de la gestation de l’antho, dans l’appartement du premier étage à gauche de ‘L’immeuble d’à côté’. Faut-il encore le présenter, tant les habitués de Flatland l’ont déjà croisé de nombreuses fois dans nos publications, que ce soit dans Le Novelliste, nos anthologies thématiques annuelles Horizon Perpétuel, ou nos différentes anthologies ? Comme nous admirons sa plume autant que sa personnalité et son exigence littéraire, autant vous dire que ce n’est pas près de s’arrêter.
« Cher Yves, le pauvre type qui passe quelques jours et une longue absence dans mon récit aura emménagé longtemps après les occupants actuels, qu’il n’a donc pas connus. La porte d’entrée a été modernisée : un digicode remplace désormais le concierge. Celui-ci, inclus dans un lourd bloc de résine et placé, si je me souviens bien, dans un petit local technique dont la porte manque toujours, à droite au pied de l’escalier, a été déménagé, car un vandale, à l’aide d’une aiguille à tricoter chauffée à blanc, a transpercé le transparent sarcophage, et – je n’en dis pas plus. Voilà, tu en sais autant que moi. »
Didier Pemerle : né en 1943.
Romans : Assise devant un décor de tempête (1970), Un monument au mont Gerbier-de-Jonc (1973), Il tombe (1979), À trois jours de moi (1985).
Nouvelles : Traitement, Le Jour du nuage, Funérailles secondaires (le Novelliste, 2019, 2021 et 2023), Anesthésie, ou boire à la source (antho. V., dir. Yves Letort, Flatland, 2022), Klinefelter à Bourg-la-Reine (antho. Animal ad hominem, dir. Leo Dhayer, Flatland, 2023), Débandades (coll. La Tangente, Flatland, 2024).
Traductions : histoire, ethnologie (coll. Terre humaine), beaux-arts et photographie, poésie (notamment les Lyrics de Bob Dylan, 2008, en coll. avec Robert Louit, Journal seneca de Jerome Rothenberg, 2016), romans et nouvelles de science-fiction, dont Tous à Zanzibar de John Brunner (1972, rééd. Mnémos, 2018), L’Enchâssement de Ian Watson, 1973 (rééd. le Bélial’, 2015). Textes radiophoniques pour le prod. Christian Rosset (France Culture).
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C’est aujourd’hui à Benjamin Desmares, occupant du deuxième droite de ‘L’immeuble d’à côté’, de passer aux aveux quant à ses coupables intentions en acceptant d’intégrer un tel voisinage en compagnie de trois de ses greffiers.
« Pas facile
J'ai fait, il y a longtemps, le choix de quitter la ville. Je parle de la grande, celle qui se néglige et te bouscule sans s'excuser. Vous voyez ? Le genre d'endroit qui n'en a rien à fiche de toi.
Alors, quand Yves Letort m'a proposé son contrat de location, j'ai dit oui sans hésiter, car je fais partie de ces indécrottables enthousiastes. Au fond de moi, pourtant, traînaient pas mal d'arrières pensées. De nouveau des voisins, des bruits venus d'on ne sait où, des contraintes, des communs à respecter, des mots rageurs concernant les règles de vie collective.
Bref, du savoir-vivre-ensemble et malgré tout. J'ai signé le contrat sans le lire. Plus tard, j'ai reçu les clefs ainsi que quelques instructions du concierge. Parlons un peu de cet individu. Il ne m'a pas rendu mon séjour dans cet immeuble facile, Monsieur Letort – car il s'agit bien de lui – s'est montré constamment insatisfait de ma conduite. Je laissais, paraît-il, des traces de virgules dans les escaliers. J'étais, selon ses dires, infoutu de faire correctement le tri sélectif, mélangeant dans la même poubelle compléments circonstanciels et adverbes. En plus de tout cela, il n'a pas hésité pas à me relancer à propos des étrennes. Comme quoi j'étais le dernier à ne pas lui avoir fait de petit cadeau de fin d'année.
Mon séjour dans cet appartement à malgré tout été des plus féconds. Je m'y suis installé avec une partie de mes chats. Trois sur cinq. Et j'ai laissé mijoter. J'ai eu pour voisin un monsieur très bien, Roland Goeller, que j'ai, je crois, un peu maltraité. Mon bail s'est révélé très court. Ça m'apprendra à lire mes contrats. Je serais bien resté un peu plus. Ces quelque mois ont donc été des plus agréables. Quant au concierge, ses remarques ont fait de moi, peut-être pas un homme meilleur, ni même plus civilisé, mais du moins quelqu'un capable de vivre avec les autres. »
Benjamin Desmares est bègue.
Enfant, ses camarades se gaussaient : « Alors Benjamin, tu démarres ? » – tandis que son entourage attendait patiemment qu’il finisse ses phrases.
En plus d’être bègue, ce petit con était un bavard incontinent.
Benjamin apprit alors à dissimuler ses achoppements langagiers sous les subterfuges. Il se mit à écrire, les mots sortant sans encombres sous sa plume.
Sur le papier, il devenait plus concis, moins pénible.
Plus tard, notre ancien bègue se retourna sur ses livres et s’aperçut qu’il écrivait toujours la même histoire.
Bref, il continuait de se prendre les pieds dans les mots. La honte !
Benjamin Desmares est resté le bègue qu’il était enfant.
Aujourd’hui il a toujours droit au jeu de mots qu’on lui faisait du temps de sa jeunesse folle aux genoux croûtés.
Tout ça pour dire qu’il n’y a de progrès à attendre, ni de l’art, ni de l’humanité.
Bibliographie sélective :
— Une histoire de sable
— Remugles
— Un truc à finir
— Les poings dans le ventre
— Barabal Skaw
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Faute d’être en mesure, pour raisons techniques, de vous présenter le témoignage de l’occupant du Troisième droite (Jules Pétrichor et son ‘Monsieur Edmond’, mais ce n’est que partie remise), c’est celui de Roland Goeller, son voisin du dessous de ‘L’immeuble d’à côté’, que nous vous proposons aujourd’hui.
« Depuis longtemps je trouve refuge dans la petite ville de Soulac-sur-Mer. Elle est située au bout de cet éperon de terre girondine qui s’avance dans l’Océan ; les vacanciers jouissent d’immenses plages ; le phare de Cordouan lutte contre la houle ; au Moyen-Âge les pèlerins en route vers St-Jacques traversaient l’estuaire en embarquant sur un bac à Royan ; il reste les fameuses 'piscines' et d’innombrables bunkers, témoins de l’hybris d’une armée qui, en 44, attendait le débarquement des anglo-américains ; ceux-ci vinrent par les terres et les combats furent titanesques. Un immeuble a été érigé dans les années soixante en front de mer, le Signal ; les vacanciers étaient aux premières loges pour assister aux flamboyants couchers de soleil. L’immeuble aujourd’hui n’existe plus, rasé car menacé par l’avancée des eaux ; l’Océan 'grignote le trait de côte', dit-on en haut lieu, mais Neptune a toujours eu des ambitions terrestres. C’est dire que Soulac-sur-Mer concentre des lignes de force fécondes. J’avais remarqué les textes publiés par Yves Letort dans la revue L'Ampoule ; j’ose penser que Yves a remarqué deux ou trois miens textes confiés à la même revue. Il se trouve que, portés par une commune vénération pour le Rivage des Syrtes de Julien Gracq, nous nous croisons à nouveau chez l’éditeur Terres du couchant. Je ne saurai trop remercier Yves d’avoir porté ce projet, L’immeuble, avec rigueur et verve. Ostinato rigore, disait Léonard. Mes remerciements vont aussi à Lionel Évrard, d’accueillir le recueil dans son catalogue. Puissent les lecteurs le grignoter et le savourer ! »
Écrire, mais quoi et pour qui ? Il y a un désir de faire quelque chose avec les mots, comme de peindre ou chanter. La fonction crée le besoin. Le Seigneur aurait-il posé une plume dans la main ? On ne peut pas être sûr de cela, aussi faut-il travailler sans relâche, livrer des preuves. Roland Goeller a consacré une partie de sa vie au « système ». Ingénieur de formation, il fut tour à tour cadre de maintenance, chef d’agence commerciale, contrôleur de gestion, consultant en grands projets. Il n’en a pas moins gardé un regard distant. Cet Alsacien né en 1956 a trimballé des questions d’histoire, un passé, un passif. Quelle identité et quelle langue ? Français ? Allemand ? Il observe ses contemporains et cherche à construire une vision, un roman qui se tient, Sisyphe à la peine. Vous trouverez ses livres aux éditions Terres du couchant (Avant que le cœur ne cesse de battre), l’Abat-jour (La partie immergée), ses nouvelles dans des revues, L’Ampoule, Brèves, Harfang…