CE QUI SE TRAME À FLATLAND HOUSE, ÉPISODE 56 : ‘L’IMMEUBLE D’À CÔTÉ’, QUATRIÈME DROITE, PHILIPPE COUSIN
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C’est l’occupant du quatrième droite, transfuge de ‘L’immeuble d’en face’, qui nous dit aujourd’hui quelques mots (voire plus si affinités) de sa contribution à ‘L’immeuble d’à côté’. Philippe Cousin est d’ailleurs à plus d’un titre dans l’actualité flatlandienne, puisque son nouveau recueil de nouvelles, ‘L’infini vu d’avion’, est d’ores et déjà disponible en numérique sur notre site, et en précommande pour la version papier qui sortira le 16 février.
« Il nous aura fallu près de 45 ans pour passer de l’immeuble d’en face à l’immeuble d’à côté, vingt mètres plus loin… Du vingtième au vingt-et-unième siècle, de la chute du Mur de Berlin à la reconstitution de l’empire soviétique. De la démocratie américaine à l’émergence d’un Ubu-roi tout puissant. De la bagnole à essence à la voiture sans conducteur, d’un monde sans ordinateurs domestiques, sans téléphones portables et sans Intelligence Artificielle à une planète dominée par internet et où de terrifiants réseaux sociaux font régner l’imbécilité et la lâcheté.
À l’époque – j’avais un peu plus de trente ans – j’habitais au cœur du Marais, à Paris, un trois-pièces sur rue qui nous permettait, ma compagne et moi, d’accueillir des amis de passage. C’est ainsi que nous avons reçu plusieurs fois Jean-Pierre Andrevon, lequel avait publié mes premiers textes courts, l’année précédente, dans Charlie Mensuel. Dans mon souvenir, c’est lui qui a proposé de reprendre le principe de Georges Perec, pour l’appliquer au 7 rue de Saintonge : on découperait l’immeuble en tranches, on mettrait nos idées en commun et on se partagerait l’écriture à 50/50...
On a retenu dix histoires, chacun écrivant soit sur le scénario de l’autre, soit sur l’un de ses propres scénarii. On y est si bien arrivés, si facilement, que j’aurais le plus grand mal à dire, aujourd’hui, qui a fait quoi. Ça a été un tel bonheur que nous avons pondu deux autres recueils, par la suite, Hôpital Nord et Gare centrale. On en aurait fait d’autres si la Collection « Présence du Futur » ne s’était pas arrêtée. Ça se serait passé dans des bordels, dans le métro, sur l’eau et de l’autre côté de la lune, que sais-je…
Yves Letort a donc repris brillamment le flambeau. De L’immeuble d’en face, il a fait un saut dans L’immeuble à côté, mais pour Jean-Pierre et pour moi, ça a été un émouvant retour dans le passé. Ça ne m’a pas empêché de persécuter Yves avec mes remords d’écriture incessants mais enfin, il était là pour ça.
Il est solide, il a survécu. Ce serait bien qu’il ne s’arrête pas là. »

Philippe Cousin aura bientôt 80 ans. Ses mains tremblent, mais il s’applique. Il neigeait a été ainsi réécrite dix fois, et depuis, Yves Letort a fait un burn-out.
On obtiendra une vue synoptique de ses activités en consultant son site : philippecousin.com.
Dans sa première vie, il a été créatif publicitaire, à Paris. Il roulait en Porsche et il s’était acheté une ruine, dans le Loiret. Il a renoncé à tout ce bazar en 1990, pour se lancer dans l’écriture. C’est Jean-Pierre Andrevon qui lui a mis le pied à l’étrier en publiant ses premiers textes courts, dans Charlie-Mensuel. Ses premières nouvelles littéraires, Brutales, ont été éditées par Julliard, sous la houlette de Jean Vautrin.
Dans sa deuxième vie, tout au long des années 90, il a publié une vingtaine de romans. Une fiction historique, des thrillers, un policier, des érotiques, plusieurs ouvrages de commande, une série polissonne et, pour finir, une quête métaphysique saignante, En avant par-dessus les tombeaux (Ed. Le Rocher)…
Il a par ailleurs longtemps dessiné, pour Le Monde, pour Libé, et il a exposé ses grandes fresques en Avignon.
Ses autres vies ? Des histoires d’amour, un petit garçon devenu un colosse, une petite fille devenue une fée, vingt-huit adresses différentes, plusieurs maisons, des voyages, des rêveries, des folies.
Le feu d’artifice, ce sera la sortie de L’infini vu d’avion, nouveau recueil de nouvelles, le 16 février 2026 chez Flatland éditeur.