Après Philippe Cousin, c'est au second transfuge de 'L'immeuble d'en face', Jean-Pierre Andrevon himself, de nous expliquer ce qui l'a incité à traverser la rue pour emménager dans 'L'immeuble d'à côté'. Spoiler : ce n'est pas pour trouver du travail, il en a déjà suffisamment, ce dont nul ne se plaindra, et surtout pas nous qui publierons en mars prochain son roman 'Avant le dernier jour', tiré de sa nouvelle 'Déjà presque la fin', dont il a également fait un film. Nous aurons évidemment l'occasion d'en reparler.

 

« Des voisins

Il existe parait-il, dans les 365 jours que comporte une année, un Jour des voisins – comme il y a un jour de la Femme ou un jour de la Vache. Normal, sans doute : des voisins, on en a tou.te.s (à moindre de vivre sur une île déserte), de même que, pour la même raison. on est le voisin de quelqu’un.e. Est-ce important ? Sans aucun doute en certaines circonstances, par exemple si on chute de son escabeau et qu’on se fracture le col du fémur ou tout autre partie fragile de notre anatomie. On appelle, et le voisin (ou la voisine) arrive pour nous porter secours. En principe.  Parce qu’il arrive aussi qu’on a beau appeler, le voisin ou la voisine ne juge pas utile de se déplacer. C’est alors un mauvais voisin, ou une mauvaise voisine. Et à bien réfléchir, expérience à l’appui, il existe nettement plus de mauvais voisins (tous genres confondus) que de bons voisins. Par exemple ceux qui vous engueulent parce qu’on fait trop de bruit le samedi soir ou, inversement, ceux qui vous assomment avec le barouf qu’ils font (le samedi soir), ceux qui viennent vous emprunter ci ou ça et pas moyen qu’ils vous le rendent, ceux qu’on croyait sympas et se mettent à vous dire que vraiment, y’a trop de Noirs vous croyez pas et tout compte fait, Bardella… Bref les voisins, des fois, ce serait aussi bien qu’on n’en ait pas. C’est pas votre avis ? »

 

Jean-Pierre Andrevon, né pas loin de Grenoble où il habite toujours avec ses chats, a publié ses premiers textes vers 63/64 dans le fanzine Lunatique. Après des études aux Beaux-arts et quelques années de professorat, sa première nouvelle pro paraît dans le numéro daté mai 68 de Fiction, ce qui ne s'invente pas. Son premier roman, Les hommes-machines contre Gandahar, paraît en novembre 1969 chez Denoël, en Présence du futur, pour être ensuite adapté sous forme de dessin animé de long-métrage par René Laloux et Philip Caza en 1988. Au Fleuve Noir, il publie une dizaine de romans sous le pseudonyme d’Alphonse Brutsche. Le travail du furet (1983) a été adapté à la télévision par Bruno Gantillon en 1994. Au total sa bibliographie compte à ce jour 185 ouvrages dans les genres les plus divers : science-fiction, fantastique, polars, Jeunesse, poésie, sans oublier le dessin ni ses études sur le cinéma, ainsi de son Encyclopédie 100 ans et plus de cinéma fantastique et de science-fiction (2013). Depuis le début des années 70, l’auteur alterne l'écriture, le journalisme (participant à la création du premier mensuel écolo, La Gueule ouverte, et de la principale revue de cinéma fantastique, L’Écran Fantastique, où il écrit toujours), la peinture et l’illustration, la chanson. En janvier 2006, il publie ce qu’il considère comme son œuvre maîtresse : Le Monde enfin, commencée trente ans plus tôt. En 2024,  est publié l’intégrale Gandahar comptant un roman inédit et l’encyclopédie Un siècle de S.F. écrite et dessinée vue de France des années 1920 à nos jours. Son roman Avant le dernier jour sortira chez Flatland éditeur en mars 2026.