C’est naturellement une grande joie et une fierté légitime, pour une petite structure de microédition associative telle que Flatland, de recevoir un tel prix. Qui plus est, pour un ouvrage qui nous tient à coeur, le premier d’une nouvelle collection baptisée Expresso, qui doit permettre d’offrir au public d’aujourd’hui, en de petits volumes soignés et peu onéreux, le meilleur des meilleurs nouvellistes du siècle passé. George W. Barlow, discret mais talentueux nouvelliste, romancier, essayiste et traducteur, méritait bien d’essuyer les plâtres. Travailler avec lui et Jean-Pierre Andrevon, maître d’oeuvre de ce recueil, m’a permis de me replonger dans les conditions mêmes qui étaient les nôtres au vingtième siècle. L’auteur n’étant disponible ni par mail ni par téléphone portable, il a fallu se contenter pour communiquer du bon vieux courrier postal et du téléphone fixe, scanner (avec une nostalgie certaine de l’auteur de ces lignes, je ne m’en cache pas) des tapuscrits originaux des années soixante tapés à la machine et corrigés à la main, voire même les ressaisir manuellement quand l’OCR se révélait impraticable. En somme, emprunter la plus efficace des machines à remonter le temps. Au terme de cette aventure éditoriale, l’onction de ce GPI est un point d’orgue apprécié autant par l’auteur que par l’anthologiste et l’éditeur, ce dont je remercie le jury. George W. Barlow, empêché de se rendre à la Comédie du Livre à Montpellier pour y recevoir son prix, a quant à lui adressé ses remerciements par écrit (que l’on pourra lire ci-dessous). Jean-Daniel Brèque a bien voulu pour l’occasion représenter Flatland éditeur et les lire pour lui. Qu’il en soit lui aussi grandement remercié.

PS : La note de la page 21, reconnaissante, remercie quant à elle Gilles Goullet et Patrick Fournier pour leur aide précieuse. ;-)
Un mot d’explication : l’une des notes de la nouvelle L’Effeuilleuse affolée avait disparu de l’édition originale, l’anthologie de Monique Battestini et Bernard Blanc Les Lolos de Vénus, parue chez Kesselring en 1978 (et nantie d’une somptueuse illustration de couverture de Caza). L’auteur n’étant plus en possession du manuscrit, il m’a fallu pour en retrouver le texte lancer un appel sur les réseaux sociaux. Gilles Goullet m’a mis en contact avec Patrick Fournier, qui a bien voulu plonger dans ses collections pour en extraire le numéro du fanzine Lunatique où le texte avait initialement été publié (le numéro 42, en décembre 1968, sous le pseudonyme de Bela Gregorov). On ne dira jamais assez que les collectionneurs constituent un rouage essentiel de l’édition de textes patrimoniaux d’Imaginaire.

Lionel Évrard

 

« Merci !

C’est le plus beau de mes cadeaux pour mes 90 ans !
Merci à tous d’avoir apprécié ces nouvelles qui datent d’un demi-siècle, alors que tant d’excellents auteurs écrivent maintenant tant d’excellente science-fiction.
Merci aux jurés du Grand Prix de l’Imaginaire.
Merci à Lionel Évrard pour la gageure de publier ce recueil.
Merci à Pierre Gévart de m’avoir accueilli plusieurs fois dans Galaxies (avec un s), comme Michel Demuth, jadis, dans Galaxie (sans s).
Et merci à trois Jean-Pierre : Fontana, qui a repris dans sa regrettée revue Gandahar quelques-uns de mes vieux écrits ; Andrevon, qui m’a encouragé à les sortir des tiroirs où ils s’ennuyaient, et m’a beaucoup aidé à en secouer la poussière ; Moumon (alias Jean-Pierre Laigle), qui avait un peu prolongé mon activité SF en publiant dans Antarès mes dernières critiques et traductions.
Merci aussi à Jacqueline Osterrath, dont Lunatique fit éclore des talents bien supérieurs au mien, Andrevon, entre autres.
Merci à Alain Dorémieux, qui ouvrit Fiction à mes articles, critiques et nouvelles.
Merci à Jacques Sadoul, qui fit place à deux de ces dernières dans Univers.
Lionel Évrard m’a permis de reprendre pied dans le monde de la science-fiction que j’avais quitté, ou qui m’avait quitté, depuis un bon quart de siècle. Ce n’est pas seulement de l’Éducation nationale que j’avais pris ma retraite : passant une bonne partie de l’année en Corrèze profonde, dans la maison familiale de mon épouse, je me suis consacré pleinement à elle et à mes petits-enfants. À ma maîtresse, aussi, dont Nicole était aussi jalouse que de la science-fiction – je veux parler de ma bicyclette, pour l’amour de laquelle je faisais parfois cent, voire cent cinquante kilomètres. Et – ô vieillesse ennemie –, je peine maintenant à faire cent ou cent cinquante mètres, alors que j’ai deux roues de plus… avec mon déambulateur !
C’est pourquoi je n’ai pas le plaisir et l’honneur d’être parmi vous aujourd’hui, comme jadis aux Conventions nationales.
Encore merci, et bravo à la jeune science-fiction française, qui n’oublie pas les anciens. »

George W. Barlow