Avant le dernier jour
HORS COLLECTION #2, avril 2026
Avec son apparence de plumier debout au pied d’une colline, la tour Bérangère est un petit monde où l’on se croise, où l’on cohabite, où l’on s’aime, où l’on s’ennuie, où l’on grandit et où l’on meurt. Non loin se trouve une zone commerciale où faire ses courses, et à moins de cinq kilomètres, les trois tours de refroidissement de la centrale nucléaire d’Arc-en-Chabeuil. Un jour, l’impensable finit par se produire. Ce n’est d’abord qu’une déflagration à peine visible dans la nuit. Puis les rumeurs enflent, les signes se précisent, les informations percent au compte-goutte le blocus qui se met en place. Et lorsque tombe du sommet de l’état la confirmation de l’accident, l’affolement cède vite le pas aux interrogations, puis au doute. Les autorités sont-elles bien là pour venir en aide aux populations, comme il se doit ? Pendant la catastrophe, d’étage en étage, de palier en coursive, de solidarités impossibles en petites lâchetés bien comprises, la vie continue. Il faut bien vivre, ou survivre, avant le dernier jour. L’œil de l’écrivain observe tout cela avec une méticulosité d’entomologiste. Il en narre les péripéties, non sans une certaine tendresse pour ces personnages humains, trop humains, qui s’agiteront jusqu’au dernier dans le huis-clos infernal de la tour, jusqu’à la chute.
« Plus d’âme, plus de futur. Qu’est-ce qui nous reste ? Nous, parbleu : piétons de notre vide intérieur, arpenteurs du temps des cataclysmes, explorateurs des gouffres du psychique. On n’a plus d’âme, d’accord. Mais on a un esprit, plus complexement entortillé qu’un plat de spaghettis. On n’a plus de futur (visible). Mais on a un présent, riche en strates d’horreurs obscures à explorer. » Jean-Pierre Andrevon